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dimanche, 04 juin 2006

Étincelle

J’ai pris mes distances de la blogosphère ces derniers jours. Quelques jours pour réfléchir au phénomène. Il y a près d’un an, je rencontrais Marie-Chantale Turgeon dans un café pour discuter avec elle des médias parallèles émergeants sur le web. Il y avait alors tout lieux de croire à la naissance d’un mouvement vu la popularité des réseaux sociaux tel My Space et Flickr. Ce qui pouvait paraître étonnant alors, c’était la popularité croissante des blogues. Étonnant parce qu’ils existaient déjà depuis quelques années. Soudainement, me semble t-il, les gens ont eux soif d’une information différente, personnalisée et à mille lieux du ronron quotidien des médias institutionnalisés. Marie-Chantale avait vu juste en disant que les médias traditionnels ne pouvaient pas ignorer longtemps la popularité des blogues. Depuis l’entrevue, parue l’automne dernier dans le magazine Urbania, les blogues institutionnalisés se sont multipliés sur le Web. Radio-Canada, Québécor, Gesca ont fait crisper leur pneu sur l’autoroute de l’information avec leur gros VUS sponsorisés. Du coup, j’ai le goût de me ranger sur l’accotement, d’aller me chercher un coin à l’ombre, loin de cette circulation bruyante…

Mais n’est-ce pas là ce qu’espèrent tout ceux qui lancent un jour une bouteille à la mer ? D’être lu par quelqu’un, quelque part et que cette bouteille trouve écho auprès du plus grand nombre ? Sans doute, et si c’est le cas des millions de blogueurs, ils reçoivent certainement aujourd’hui toute l’attention qu’ils méritent.

Mais où est l’étincelle du départ maintenant que le brasier est pris ? Qui se souvient de celui qui l’a allumé ?

J’aime m’émerveiller. Je carbure à l’émerveillement…c’est sans doute pourquoi je m’intéresse à la naissance des mouvements sociaux. Vous vous souvenez de votre état d’esprit dans les premiers six mois d’une relation amoureuse ? De l’euphorie qui vous empare ? Lorsqu’on s’y attarde bien, les instants euphoriques sont multiples dans le monde qui nous entoure, dans la province où l’on vit, que vous soyez à Montréal, Sorel, Saint-Prime ou Matane. La magie qui opère maintenant avec la blogosphère, c’est de réunir dans l’instantanéité ces mêmes esprits qui se gavaient enfant des épisodes de Capitaine Flam, de Mr. Freeze mauve et de réglisses vertes. Réunir en un seul endroit cette (petite) légion de trentenaires qui tissent le Québec d’aujourd’hui. Bref, un outil précieux pour diffuser, pour créer, pour contaminer joyeusement, pour faire entendre des groupes comme Le Husky, faire connaître les œuvres de Mélanie Baillargé ou découvrir le génie d’Antoine Rouleau.

Ce genre de découverte me rend euphorique, me rassure, m’attache à cet endroit. Je suis bien content lorsque la radio de Radio-Canada parle de Galaxie 500 ou lorsque qu’Éric Lapointe cite le groupe El Motor en entrevue dans le journal Métro. Mais ce que je déplore, c’est l’effet de mode qui s’en suit, c’est de réaliser que tout ça finalement, c’est du show-business, que l’étincelle se transforme vite en brasier pour se consumer au bout de six mois…et à quand la prochaine étincelle ?       

Commentaires

L'étonnement, c'est le déclic number one en philo nous disent les grands bonzes et quelques moins connus que j'aime avoir croisé dans ma vie comme Gilles Voyer. Côté blogue, même si je ne suis plus dans le train de la trentaine, je suis trop jeune en la matière pour prétendre avoir mis le pied à l'eau avant que la vague déferle. Reste que je suis encore étonné d'échanger assez spontanément avec des gens que je n'aurais pas pu ou pas osé aborder autrement. C'est le cas présentement. Et j'espère un super blogage international libre, avec des étincelles. Il y a une quinzaine d'années Chomsky était enthousiaste en regard de la liberté d'expression qui fleurissait nouvellement sur la Toile du Web. Mais, prédisait-il, l'envahissement du marché ne saurait tarder, comme cela fut le cas pour la radio... Imagine l'entousiasme de mon père, dans les années trentes, lorsqu' il a réussi à capter des ondes à partir d'une bricole dans une boîte de chaussures! La radio, si elle était libre, pourrait être proche et aussi explosive que le cinéma (à cause du son), mais c'est généralement de la diarhée, du commercial ou du rose bonbon anti-culture comme Espace musique... Malgré la jungle de l'économisme ambiant, je crois quand même, même si ce ce n'est pas une religion, à la parole échangée, au dialogue. À la liberté des voix dans la littérature entendue au sens large.

J'ai un second blogue à peine esquissé :

http://jack-jackyboy.blogspot.com/

Salutions. Je ne me relis pas.

Ecrit par : Jack | mardi, 06 juin 2006

Un mot supplémentaire.

Dans le commentaire précédent, j'ai confondu les deux adresses de mes blogues. Salmigondis a plus de contenu mais le serveur (Monblogue) est pourri en ce sens qu'on ne sait pas pourquoi l'édition des commentaires est scrap depuis des semaines. Or qu'est-ce qu'un blogue sans les commentaires des visiteurs?

http://blogue_a_jackyboy.monblogue.com/

J'ajouterais aussi que la passion des premiers pas trouve parfois sa voie, son accomplissement dans l'endurance et dans le temps, dans la profondeur. Par exemple, la marche des peuples vers la liberté ne se résume pas à un référendum perdu au gagné! Je cite de mémoire : «How many years must people exist before they allow te be free?» (Robert Bob Dylan).

En passant, j'ai également bossé plusieurs années dans la tour brune du CGF sur René-Lévesque Ouest. Le jardin intérieur me manque. J'ai fait une crise lorsqu'on on a (TPSGC) subrepticement fait disparaître Samothrace, une sculpture de Vaillancourt qui trône maintenant loin, à Gatineau, pour ne pas dire Ottawa, devant le Musée des Civilisations!

Ecrit par : Jack | mardi, 06 juin 2006

Merci pour ton commentaire. Je retiens ceci: la passion des premiers pas trouve parfois sa voie, son accomplissement dans l'endurance et dans le temps, dans la profondeur. La profondeur, c'est ce qui reste gravé le plus longtemps dans nos mémoires. Le reste se perd au gré des vaguelettes. Au plaisir !

Ecrit par : mab | jeudi, 08 juin 2006

[Trouvé ton blogue grâce à celui de Marie-Chantal...]
Mon point de vue est un peu celui de Jack. Vivant surtout à l'extérieur du Québec depuis plusieurs années, ça me fait toujours de voir la vitalité de la culture québeécoise. Oui, il y a beaucoup de commercialisation, de mercantilisme. Mais il y a aussi un «contre-mouvement» ou, plutôt, une séries de mouvements alternatifs au sens propre du terme. Au Québec, on vit, dans une certaine mesure, comme on veut, sans se soucier de ce que peuvent penser les autres. Ça peut mener à de l'ethnocentrisme, à du nombrilisme, même à de l'exclusion. Mais, d'après moi, c'est aussi un vent de fraîcheur. Parce qu'au Québec, ce qui est considéré comme marginal ailleurs est parfois considéré comme “mainstream”. L'effet pervers de ça, c'est qu'on renie plusieurs personnes pour avoir versé dans le “mainstream” alors que les deux mondes (disons, 7 jours et Suoni per il popolo) peuvent coexister.
En passant, une source d'étonnement, pour moi, c'est comment les jeunes Anglophones et Francophones se rapprochent de plus en plus. Une excellente source de nouvelles idées.

Ecrit par : Alexandre | samedi, 24 juin 2006

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