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dimanche, 30 juillet 2006

Do It

Ce n’est pas simple d’écrire, de trouver un thème, de soutenir un propos, de présenter un contenu qui vaille. Mais, pour qui ose se lancer, jamais cela n’a été aussi simple de publier. Bien sûr, tous ne publient pas chez Boréal, mais j’entends par publication les différents moyens que le web offre désormais à ceux qui souhaitent écrire quelques lignes et être lus, ne serait-ce que par une poignée de lecteurs. Écrire en se permettant de trébucher, de déplaire, d’être à côté de la track. Écrire simplement…

C’est sans doute cette écriture hésitante, ces phrases éphémères qui nous font progresser, individuellement autant que collectivement...cela fait partie du processus créatif j’imagine.

Si la musique québécoise s’emballe aussi vite aujourd’hui, c’est justement parce qu’elle se réalise spontanément suivant la montée de fièvre qui lui a donné naissance. Elle n’a plus cette simple ambition de plaire en se pliant aux formats des radios commerciales, quitte à trouver son public dans les radios étudiantes ou sur My Space.

Et si le cinéma québécois se passait le mot…et s'il n'avait plus à attendre deux ou trois ans les subventions lui permettant de faire voir ce qu'il pourrait montrer maintenant…quitte à épargner sur la technique. Peut-être, peut-être, qu'il s’affranchirait et gagnerait en spontanéité au même titre que l'écriture et la musique en ce moment.

Commentaires

Le gros problème avec le cinéma québécois, c'est qu'il est entièrement sous le joug de Téléfilm Canada. Si tu n'as pas une subvention, tu ne peux pas survivre, point. Moi j'admire les États-Unis, qui ont établi deux mondes complètement différents; il y a Hollywood et les productions créées exprès pour vendre d'un côté, et de l'autre, les petites maisons de production indépendante, Picturehouse, par exemple, la boîte de Gus Van Sant. Même Time Warner a sa filiale de films d'auteur, idem pour Sony... Pourquoi il n'y a pas ça ici ? Pourquoi les gens ont tant peur d'investir dans quelque chose qui pourrait leur rapporter gros, à long terme ? "Les Invasions Barbares" est allé à Cannes parce qu'il le méritait, pas parce que c'est un succès au box-office, arrêtons de se leurrer en disant que les films qui marchent le mieux sont les meilleurs. Et puis, le milieu américain n'est pas uniforme, lui. Certains se détestent, certains n'aiment pas les films des autres. Il y a les Oscars, et Sundance, deux milieux complètement à l'opposé... Ici, les réalisateurs se sentent obligés de promouvoir le cinéma québécois, c'est tellement vague comme terme, "le cinéma québécois", ça ne veut rien dire. Ce n'est pas parce qu'on aime "La Neuvaine" qu'on aime le "cinéma québécois". On aime "La Neuvaine" parce qu'on aime Bernard Émond.

Moi j'attends de voir des Miranda July et des Jonathan Caouette québécois pour devenir des "outsiders", se foutre complètement de vendre ou non un film... et à date, je suis bien déçu de voir qu'on a si peu d'audace. Bon, ça me donne envie d'ouvrir Final Cut pour faire un film, tiens...

Ecrit par : daviel | jeudi, 03 août 2006

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