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mercredi, 22 novembre 2006
Culture pub
Je ne sais pas si vous connaissez La pharmacie de l’espoir, un film malheureusement mal distribué. Si je vous parle de ce film, réalisé par François Gourd, c’est qu’il accompagne ma réflexion sur la création, sur le rôle de l’art et de la culture dans notre société.
Le film est né d’une idée toute simple, celle de réunir au même endroit une bande de comédiens ayant pour seule directive d’arriver sur place dans la peau d’un autre. Ce qui c’est produit, dans cette ancienne pharmacie devenue Café Esperanza, est magique. Pendant une journée, au moins cinq caméras ont filmé trois générations de comédiens improviser, créer et raconter des histoires.
Ce qui est génial, c’est que personne n’a été payé pour ce film, ce qui en fait, à mon avis une œuvre rare. Une telle aventure témoigne de la générosité de ces acteurs ainsi que d’une prise de conscience de l’acte de créer. Je crois bien sûr que les artistes méritent d’être payés à juste prix, mais je crois qu’à la base l’acte de créer doit être gratuit.
Mais est-ce encore possible aujourd'hui de créer pour le plaisir, en marge du haut parleur du boulevard René-Lévesque ? De ne pas se prêter au jeu d’une émission culturelle tournée comme une pub ? De passer des studios de CISM à ceux de Christiane Charrette en moins d’un mois ? Tant mieux pour les artistes me direz-vous…peut-être bien que oui, mais peut-être bien que non aussi.
Ce que je crains, ce n’est pas que tout le monde en parle…ce que je crains, c’est l’effet mode qui a pour effet d’uniformiser la création locale. On produit rapidement, on laisse peu de traces et on se fait également oublier rapidement. Qu’est-ce qu’on va retenir de notre époque ? Qu’elle était bouillonnante sur le plan culturel ? So what ! Pis après ! Tant que la culture nous sera présentée comme une pub de I Pod, d'écran plasma ou de cellulaire, nous ne retiendrons pas grand-chose, sinon qu’il y a des gens qui veulent nous vendre des trucs. Nous allons peut-être accrocher, mais en général, on risque fort de zapper. Mais parfois, je me dis qu’il y a encore de l’espoir, alors s.v.p. Angelo et Didier, rester à Vox, résister encore un peu…
15:10 Publié dans Médias | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : La pharmacie de l’espoir, François Gourd, Café Esperanza, CISM, Christiane Charrette, Le 9.5, Angelo Cadet

