mercredi, 11 octobre 2006

Marchand d'images

Je ne suis pas un grand fan de télé. Hormis Six Feet Under et Les invincibles, je n’ai rien vu de transcendant au petit écran ces dernières années. À l’échelle locale, il y a pourtant une chose sur laquelle les producteurs et les diffuseurs semblent s’être mis d’accord : remettre l’écriture au premier plan. D’ailleurs, le succès d’une série comme Six Feet Under et autres produits HBO n’est sans doute pas étranger à l’éveil de nos marchands d’images et c’est tant mieux. Tant mieux dans la mesure où notre télé se donne la liberté de créer des œuvres originales sans attendre les concepts venus d’ailleurs. Mais la partie est loin d’être gagnée puisque dans un petit marché comme le nôtre trop peu osent prendre des risques… et malheur a ceux qui se plaignent tout haut de cette situation. Lorsqu’un des auteurs des Bougons vient dire à la télé que Virginie (écrit par la productrice des Bougons) est une bonne émission ont à du chemin à faire…

Mais au risque de me répéter, le changement ne viendra pas des producteurs contraints de plaire aux diffuseurs, ni des diffuseurs contraints de plaire aux publicitaires, mais d’individus qui n’auront aucune contraintes créatives. Créer pour le plaisir de créer peu importe que le public soit ou non au rendez-vous. Je pense au 9.5 avec Didier Lucien et Angelo Cadet. Une émission déjantée à souhait – l’exemple parfait d’une plongée sans filet qui prouve que la télé d’ici peu encore se réinventer.

Parlant de création originale, j’ai commis avec François Gourd, Dominic Goyet et Bruno Boutot un photo-roman qui était d’abord destiné au magazine Urbania auquel je collaborais. Mais à mon grand étonnement, il n y a pas que les producteurs et les diffuseurs qui n’osent pas prendre de risques au Québec…jugez-en par vous-même ici. En passant, il existe des copies papier de Gourbania. Vous pouvez m’écrire au gourbania@hotmail.com pour en obtenir une copie. Le prochain numéro est en chemin…avis aux intéressés ou aux futurs collaborateurs.